Mensonge de la finance
Le dogme libéral de l’efficience des marchés est une imposture scientifique
et sa modernisation byzantine une arnaque archaïque.
« L'université de Toulouse est réputée pour ses économistes mathématiciens. Comparés au spadassin moyen de l'équation, ce sont des gens plutôt souples. De temps à autre, au détour d'une phrase, leur échappe un mot douteux, comme "Etat'', "pouvoir politique'', "capitalistes'', même s'ils en rougissent, bredouillent, s'excusent. Ce sont d'ardents défenseurs de la science économique. Si elle doit mourir pour caducité, comme mourut un jour la sophistique, ils sombreront avec elle, inconsolables, emportant la Vérité. Dans le fracas séculier, ils dessinent des figures abstraites. Qui n'a entendu parler de la mort d'Euclide ? » Bernard Maris, in " Le Monde " du 12 juillet 1987
Les marchés financiers sont des lieux, physiques ou virtuels où acheteurs et vendeurs négocient des instruments financiers (actions, obligations et titres de créances,pétrole, etc) à des prix qui reflètent théoriquement l'offre et la demande. Ils se caractérisent par la prise en compte du caractère « aléatoire » des principales quantités, procédures, etc..., intervenant dans les échanges.
L’échange entre deux marchandises ou deux instruments financiers (1), c’est-à-dire entre deux choses médiatisé par de l’argent, n’a d’autre réalité que la « réalité de l’argent », c’est-à-dire un artefact sur la lequel s’est fondé au cours des siècles le pouvoir du commerce. En d’autres termes, l’échange de produits est nécessaire à l’humanité, propre aux êtres humains, et c’est en cela qu’il peut être qualifié de réel ; mais l’échange entre deux marchandises n’est nécessaire qu’aux seuls marchands ; c’est donc une réalité idéologique. Il n’est réel que dans la mesure où leur idéologie se matérialise, dans le règne spectaculaire des marchandises, et dans le cadre de l’aliénation générale des peuples à une Weltanschaung (conception du monde) d’arrière-boutiques.
Le prix (celui d’un actif par exemple) entre en mouvement lorsque l’offre ou la demande varient. C’est le signal-prix. Son importance est au coeur de la pensée économique du XIXe siècle. Pour la pensée classique (2) et néoclassique (3), ce changement de prix est un signal pour le fonctionnement de l’économie.
L’évolution du prix indique la rareté -Stanley Jevons (1835- 1882, économiste et logicien britannique) puis Léon Walras (1834-1910, économiste français - ou la plus grande utilité - Jules Dupuit (1804 – 1866, ingénieur et économiste français) , Augustin Cournot (1801 – 1877, mathématicien et philosophe français) - ou l’accroissement de la demande.
Par recours au langage de la mécanique rationnelle (4) , la « théorie de l’Equilibre Général » de Léon Walras et Stanley Jevons est la première représentation mathématisée de l’équilibre de l’offre et de la demande. L’approche mathématique, dont Augustin Cournot est le précurseur par ses Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses en 1838, donne ensuite une représentation par la rationalité mathématique (5).
À la fin du 19e siècle, les statistiques triomphent dans les sciences sociales, par la suprématie des lois probabilistes sur les formes déductives d’explication. Avec le concept de fonction aléatoire, destinée à rendre compte d’un phénomène qui évolue au cours du temps, les probabilités entrent dans une nouvelle phase de développement. Ces mathématiques de l’incertain se développent indépendamment de la finance. Pour Augustin Cournot, le hasard et la causalité doivent être reliés : le hasard est donc « la rencontre de deux séries causales indépendantes ». Puis, Louis Bachelier (1870-1946) introduit le mouvement brownien en 1900 pour modéliser la dynamique d’un cours boursier, ce qui fonde ainsi les mathématiques financières. Cette évolution passe par une modification des outils techniques concernant le financement des marchés.
Le signal-prix disparaît dans les années 70, en raison de la volatilité, et donc des risques induits par les fluctuations des cours. En finance, ce terme de volatilité ne désigne pas la mobilité des capitaux. La volatilité est une caractéristique inévitable des marchés spéculatifs, dont le comportement est alors modélisé mathématiquement par la théorie de l’arbitrage (6) qui repose sur une hypothèse de base : l’acceptation des conditions d’efficience des marchés. Pour les techniciens du management, un marché est considéré comme efficient si le cours des actifs qui le constitue suit une marche aléatoire. De fait, si le marché est efficient, on ne peut donner une prévision exacte de cours. Dire que le marché est imprévisible, c’est donc dire qu’il est efficient ! Incidemment, on remarquera qu’un marché efficient ne signifie pas un marché sans crise.
Ce phénomène est historiquement apparu en concomitance avec la coordination des prix par les marchés financiers munis de leurs produits à terme – produits dits dérivés, car leur prix va dépendre de l'évolution des prix au comptant du bien sur lequel ils portent, le sous-jacent (7). Ces produits dérivés (donc financiers), loin de calmer l’agitation des cours, ont accru leur volatilité.] permet de calculer un « juste prix » pour ces produits financiers dérivés, de manière qu’ils ne puissent générer un profit (ou une perte) qu’en contrepartie d’une prise de risque : un prix tel qu’aucun profit ne soit certain. Le juste prix ne dépend pas de la tendance du cours, mais uniquement de la partie « martingale » (8), ou encore de la volatilité. C’est donc le perfectionnement de la spéculation qui a provoqué la mathématisation de la finance en engendrant l’agitation des marchés (volatilité).
Des mathématiques très sophistiquées, empruntant aux théoriciens des probabilités, sont directement appliquées au cœur du monde économique. Avec la digitalisation des années 1980, c’est-à-dire le recours à l'intelligence artificielle, les algorithmes d'apprentissage et les transactions à haute fréquence, s'appuyant sur des Big data, l'imprévisibilité des marchés s’est accentuée.
L’assurance que les fluctuations de la valeur d’un produit dérivé peuvent être contrôlées grâce au calcul stochastique (outil de la théorie des probabilités appliqué aux phénomènes aléatoire et formulé en 1940 par Kiyosi Ito, mort lors de l’éclatement de la crise en 2008) repose sur une hypothèse que le mathématicien franco-américain Benoît Mandelbrot (1924 - 2010) a décrit comme un « hasard sage »… et trompeur.
L’émergence de nombreux instruments financiers, souvent liés aux nouvelles technologies informatiques, a permis de spéculer tout en se protégeant des risques, c’est-à-dire en les transférant à une partie tierce. Contrats à termes, options, warrants, fonds indiciel, dérivés actions et taux, CDS et CDOs, ou encore Trading haute fréquence deviennent des instruments financiers découplés de l’économie réelle qui se nourrissent de la volatilité. Ce dysfonctionnement est encore aggravé par des opérateurs sous-estimant les hypothèses d’informations partagées, de volatilité constante, et de loi gaussienne qui sous-tendent les équations de Black, Merton & Scholes (ces deux derniers ont reçu le prix de la banque de Suède, l’équivalent du Nobel en économie, en 1997)(8) . Myron Scholes utilisa sa formule magique dans sa gestion du fonds spéculatif Platinium Grove Asset mangement qui fit faillite en 2008. Robert Merton eut le même succès par une faillite en 2009 de cet autre fonds spéculatif Trinsum Group.
L'efficience du marché, développée par Hayek comme étant consubstantielle au libéralisme économique, se révèle être une imposture. Ce dogme s’effondre parce que la volatilité des prix sur les marchés boursiers a remplacé le prix, ce dernier ne donnant plus aucune information sur les prix significatifs de l'économie réelle. Cette illisibilité ne permet pas de prendre de « bonnes décisions » à long terme. C’est la mathématisation extrême de la finance qui explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, par exemple, avec pour seul objectif le profit à court terme. Le marché est devenu conforme à la théorie mathématique : les mathématiques financières sont le marché.
Cette occultation rend ainsi le marché imperméable à la discussion démocratique. Pour Nicolas BOULEAU, in Le mensonge de la finance, « personne ne comprend vraiment les principales structures qui conduisent le monde, excepté une poignée de spécialistes. Pire, cet ésotérisme est tel que l’homme de la rue, autant que le député est disqualifié… Même les économistes, pour beaucoup, ne maîtrisent pas ces fameuses mathématiques financières ».
Un marché financier efficace est donc une abstraction, une totale vacuité. Sans guère se soucier de la vérité (en tant que conformité aux faits), il a été construit à partir de phénomènes concrètement humains mais parcellaires et historiques.
De même qu’il y a un roman familial qui permet au névrosé de pallier ses intimes frustrations, et un roman national qui unifie dans une histoire hallucinée les lambeaux épars d’une nation chimérique, il y a un roman économique qui impose la domination du commerce sur le monde comme une loi naturelle et comme le principe de toute civilisation. La mythologie dominante des « marchés efficients (efficaces) » et des choix rationnels, bien qu’elle soit en ruine, en est un également.
1. Un actif financier est un droit sur des revenus futurs. Estimer sa valeur signifie prévoir au mieux ce que sera ce flux de revenus, pour toute la durée de l’actif. In DE L’EUPHORIE ̧ LA PANIQUE : penser la crise financière . André Orléan
2. Parmi les représentants de la théorie classique, citons Adam Smith (1723-1790, prêtre anglican, philosophe et économiste écossais), David Ricardo (1772-1823, économiste britannique), Jean-Baptiste Say (1767-1832, économiste français), John Stuart Mill (1806-1873, philosophe et économiste britannique), Thomas Malthus (1766-1834, prêtre anglican et économiste britannique )
3. Les trois pères fondateurs de la théorie néoclassique sont Stanley Jevons (1835-1882), Carl Menger (1840-1921) et Léon Walras (1834-1910) ).
4. Mathématisation du fonctionnement mécanique du marché selon les lois de Newton.
5. Norme structurante de l’économie par basée sur les fondements logiques des mathématiques imprégnant la physique.
6. Un produit dérivé est un instrument financier dont la valorisation dérive de la valeur d'un autre actif financier qu'on appelle le « sous-jacent ». Ce sous-jacent peut être une action, un indice, une monnaie, un taux d'intérêt, une matière agricole, un métal…
Initialement, les produits dérivés ont été créés pour que les entreprises puissent se couvrir contre plusieurs risques : marché, liquidité, contrepartie, risque politique...
7. La théorie de l’arbitrage décompose le prix des actifs cotés sur un marché en deux composantes. Une partie « martingale », et une partie « tendance ». La « martingale » est la partie des cours qui est liée au hasard, qui varie de manière erratique. La « tendance » est la partie qui permet de mesurer une évolution plus régulière sur une période de temps. Une opportunité d'arbitrage se définit donc comme une stratégie d'investissement financier qui, en combinant plusieurs opérations, assure un profit et ne nécessite aucune mise de fonds initiale.
8 - Pour la Société de Calcul Mathématique, les modèles mathématiques utilisés en finance (formule de Black and Scholes, mouvement Brownien) reposent sur des analogies complètement factices avec des phénomènes physiques. Ils sont entièrement dépourvus de valeur prédictive.
Valeur-Dissociation
L'approche de la « valeur-dissociation » n'est pas tant conçue pour analyser des types spécifiques d'actifs ou de marchés dans une perspective d'investissement ou de valorisation économique classique. Au contraire, son objectif est de critiquer la logique même qui préside à la création et à l'évaluation de ces actifs et marchés.
Cependant, on peut identifier des domaines et des types d'activités où l'application de ce concept est particulièrement pertinente pour révéler ses mécanismes :
les Marchés et Actifs Financiers Hautement Abstraits, comme les dérivés complexes, produits structurés, spéculation sur les marchés de change ou les crypto-monnaies qui s'éloignent de la valeur d'usage ou du travail concret. Ces marchés fonctionnent selon une logique de valeur abstraite qui peut se déconnecter massivement de la réalité matérielle, environnementale ou sociale.
La « valeur-dissociation » permet d'analyser comment la recherche de profit et de valorisation financière peut ignorer ou même exacerber les externalités négatives ou les coûts humains et écologiques.
Comment la volatilité du marché affecte-t-elle l'efficacité de la stratégie de valeur-dissociation pour des actifs spécifiques ?
Répondre à cette question, c’est clarifier la nature de la « valeur-dissociation » et son rapport aux marchés financiers. Il est important de noter d'emblée que la « valeur-dissociation », telle que conceptualisée par Ici, n'est pas une stratégie d'investissement au sens classique, visant à exploiter des inefficiences de marché pour réaliser un profit. Il s'agit plutôt d'un cadre d'analyse philosophique et critique destiné à révéler les mécanismes d'exclusion structurelle inhérents au système de la valeur capitaliste.
Ceci étant dit, nous pouvons examiner comment la volatilité du marché, notamment dans des contextes d'actifs spécifiques, peut révéler ou accentuer les phénomènes de dissociation que la théorie de la valeur-dissociation cherche à mettre en lumière.
La Volatilité comme Symptôme de la Dissociation : lorsque les marchés financiers sont très volatils, en particulier pour des actifs déconnectés de leur valeur d'usage concrète ou de leur contribution sociale/écologique (comme certains produits dérivés, crypto-monnaies spéculatives, ou actifs "virtuels"), cette volatilité peut être interprétée comme une manifestation de la dissociation. Le prix de ces actifs devient alors moins le reflet d'une valeur intrinsèque stable (qui serait elle-même difficile à définir dans le cadre de la valeur-dissociation) et davantage le produit de dynamiques abstraites, spéculatives, et potentiellement déconnectées des réalités sociales, humaines ou environnementales qui sont justement ce que la valeur-dissociation tend à rendre visible en tant qu'exclus.
Impact sur les Actifs "Dissociés" : Actifs hautement abstraits/financiarisés : Pour des actifs comme les produits dérivés complexes ou les crypto-monnaies sans application concrète claire, la volatilité élevée est souvent une caractéristique intrinsèque. Cette volatilité extrême démontre la puissance de la valeur abstraite et spéculative qui opère en grande partie indépendamment de toute valeur d'usage ou "valeur réelle" au sens large. La volatilité amplifie ici le sentiment que la valeur est purement un jeu de perception et de dynamiques internes au marché, révélant ainsi une dissociation radicale avec le monde extérieur.
Secteurs du "dissocié" (travail non rémunéré, environnement) : Paradoxalement, ces domaines sont souvent moins directement affectés par la volatilité financière quotidienne, car ils sont eux-mêmes hors marché ou sous-évalués. Cependant, la volatilité des marchés qui leur sont liés indirectement (par exemple, la volatilité des prix des matières premières affectant les écosystèmes, ou la volatilité des marchés de la santé affectant l'accès aux soins) peut souligner la fragilité des systèmes qui les soutiennent et la manière dont leur dévalorisation structurelle les rend vulnérables aux chocs externes. La volatilité des marchés financiers peut même accentuer la pression pour exploiter ces ressources dissociées.
La Volatilité comme Révélateur de la Logique d'Exclusion : Dans une période de forte volatilité, la tendance du système de la valeur à privilégier ce qui est valorisable et à exclure le reste peut devenir plus manifeste. Les actifs qui génèrent des profits rapides (même si éphémères et spéculatifs) sont recherchés, tandis que ce qui est "dissocié" (comme le temps de soin non rémunéré, la préservation environnementale, etc.) reste marginalisé, voire encore plus dévalorisé si les ressources qui pourraient le soutenir sont détournées vers des marchés plus "rentables" et volatils. La volatilité peut ainsi servir de loupe grossissante pour observer comment la logique de la valeur pousse à la recherche de gains rapides et abstraits, au détriment de la stabilité, de la durabilité et de la reconnaissance des valeurs "dissociées" qui sont pourtant fondamentales à la vie et à la reproduction sociale.
En conclusion : La volatilité du marché n'est pas un facteur qui rend la stratégie de valeur-dissociation plus ou moins "efficace" au sens d'un outil d'investissement. Au contraire, elle est souvent un indicateur puissant de la présence et de l'ampleur de la dissociation. Les marchés très volatils, surtout lorsqu'ils concernent des actifs déconnectés de la réalité concrète, démontrent de manière spectaculaire la primauté de la valeur abstraite et la manière dont le système de la valeur fonctionne par exclusion. La valeur-dissociation, en tant que cadre critique, utilise cette volatilité non pas pour spéculer, mais pour analyser et dévoiler les mécanismes qui la rendent possible et ses conséquences sur ce qui est laissé pour compte.
Quels indicateurs de volatilité sont les plus pertinents pour évaluer l'impact sur une stratégie de valeur-dissociation ?
Il est important de réitérer que la « valeur-dissociation » est un cadre d'analyse philosophique et critique visant à dévoiler les mécanismes d'exclusion structurelle du système de la valeur capitaliste. Elle n'est pas une stratégie d'investissement au sens où l'on chercherait à l'appliquer pour générer du profit. Par conséquent, les "indicateurs de volatilité" ne sont pas utilisés pour évaluer l'"efficacité" de cette approche comme stratégie, mais plutôt pour observer, analyser et mettre en évidence les phénomènes de dissociation qu'elle cherche à révéler.
Dans cette optique analytique, voici les types d'indicateurs de volatilité qui peuvent être pertinents pour illustrer ou observer la logique de la valeur-dissociation :
- Volatilité Historique (Historical Volatility - HV) des Actifs Financiers Très Abstraits :Pertinence : Les actifs dont la valeur est très déconnectée de toute valeur d'usage concrète (comme certains produits dérivés, crypto-monnaies très spéculatives, ou actions de sociétés dont le modèle économique est basé sur des promesses futures non encore réalisées) présentent souvent une volatilité historique élevée. Ce que cela révèle : Une HV élevée sur ces actifs suggère que leur prix est fortement influencé par des facteurs spéculatifs, des anticipations changeantes, et des dynamiques internes au marché, plutôt que par des fondamentaux tangibles. Cela illustre la prédominance de la valeur abstraite et le potentiel d'exclusion de la réalité sociale ou écologique qui ne rentre pas dans ces calculs financiers.
- Volatilité Implicite (Implied Volatility - IV) : Pertinence : La volatilité implicite, souvent mesurée par des indices comme le VIX (pour le marché boursier américain) ou directement par les prix des options sur des actifs spécifiques, reflète les attentes du marché quant à la volatilité future. Ce que cela révèle : Une volatilité implicite élevée indique que le marché anticipe des mouvements de prix importants et potentiellement imprévisibles. Cela peut signaler une incertitude fondamentale quant à la "valeur réelle" des actifs, ou une fragilité du système qui rend la valorisation sujette à des sauts abrupts. Dans le cadre de la valeur-dissociation, une IV élevée sur des actifs déconnectés de la réalité peut souligner la précarité de leur valorisation abstraite et la manière dont le système est prêt à "dissocier" des valeurs tangibles pour poursuivre des gains spéculatifs.
- Volatilité Réalisée (Realized Volatility) et Mesures de Risque : Pertinence : Il s'agit de mesurer les fluctuations réelles des prix sur une période donnée. Des mesures comme l'écart-type, le bêta (pour le risque systématique), ou des indicateurs de risque comme le Value at Risk (VaR) peuvent être utiles. Ce que cela révèle : une forte volatilité réalisée sur des actifs "dissociés" (par exemple, des actifs liés à des ressources naturelles dont l'exploitation est subventionnée ou dont la dégradation environnementale n'est pas prise en compte) peut montrer comment des chocs externes (crises économiques, changements réglementaires, catastrophes naturelles indirectement liées à l'exploitation) affectent violemment ces actifs, révélant leur dépendance structurelle à des conditions qui sont elles-mêmes souvent "dissociées" ou ignorées par la logique de valorisation immédiate. A
- Analyse des "Cauda de Cygne Noir" (Black Swan Events) et des Événements Extrêmes : Pertinence : Bien que n'étant pas des indicateurs de volatilité au sens strict, les événements rares et imprévisibles qui provoquent des mouvements de marché extrêmes sont cruciaux. Ce que cela révèle : Ces événements révèlent souvent les points de rupture du système de la valeur. Ils montrent comment des réalités longtemps dissociées (comme une pandémie, une crise écologique majeure, un effondrement systémique) peuvent soudainement s'imposer et défaire des valorisations abstraites. L'analyse de la manière dont la volatilité explose lors de tels événements permet de comprendre ce que le système avait préalablement exclu et comment cette exclusion rend le système vulnérable. En résumé : Les indicateurs de volatilité, dans le contexte de la valeur-dissociation, ne servent pas à optimiser une stratégie d'investissement. Ils sont des outils d'observation qui permettent de :
- Identifier les zones d'incertitude et de fragilité du système de valorisation.
- Mettre en lumière la déconnexion entre le prix d'un actif et sa réalité fondamentale (sociale, écologique, humaine).
- Comprendre comment le système réagit (ou est vulnérable) lorsque des éléments longtemps dissociés font irruption sur la scène de la valorisation.
- Ainsi, une volatilité accrue sur des marchés financiers très abstraits ou sur des actifs dont la valeur est indirectement liée à des externalités (environnement, travail non rémunéré) sert de témoignage empirique des mécanismes de dissociation que j' analyse sur le plan philosophique.
Comment la volatilité implicite, observée sur les marchés d'options, peut-elle influencer les décisions d'investissement dans une stratégie de valeur-dissociation ?
Il est essentiel de réitérer que la « valeur-dissociation » n'est pas une stratégie d'investissement au sens où l'on chercherait à prendre des décisions pour acheter ou vendre des actifs afin de réaliser un profit. Il s'agit d'un cadre d'analyse philosophique et critique destiné à dévoiler comment le système de la valeur capitaliste fonctionne par exclusion structurelle.
Par conséquent, la volatilité implicite (VI), observée sur les marchés d'options, n'est pas utilisée pour guider des décisions d'investissement dans une "stratégie de valeur-dissociation". En revanche, elle peut servir d'outil d'observation et d'analyse pour illustrer et comprendre les phénomènes de dissociation que le concept vise à mettre en lumière.
Voici comment la volatilité implicite peut éclairer l'approche de la valeur-dissociation : La VI comme Indicateur de la Prédominance de la Valeur Abstraite et Spéculative :
Ce qu'elle révèle : une volatilité implicite élevée sur un actif particulier signifie que le marché anticipe des mouvements de prix importants et potentiellement imprévisibles dans le futur. Cela suggère que la valeur perçue de cet actif est fortement influencée par des facteurs spéculatifs, des anticipations, des perceptions et des dynamiques de marché, plutôt que par des "fondamentaux" stables et tangibles (valeur d'usage concrète, contribution sociale, impact écologique, etc.).
Lien avec la valeur-dissociation :
Cette déconnexion entre la valeur abstraite spéculative et la valeur concrète est précisément ce que la "valeur-dissociation" cherche à exposer. Une VI élevée sur des actifs comme certaines crypto-monnaies, des produits dérivés complexes, ou des actions de sociétés à très forte croissance mais sans rentabilité établie, démontre comment la logique de la valeur opère en se basant sur des projections et des attentes qui peuvent ignorer ou "dissocier" les réalités matérielles, humaines ou environnementales.
La VI sur les Actifs "Dissociés" :
Exemples : Les actifs qui sont déjà considérés comme intrinsèquement "dissociés" (car leur valeur est très abstraite ou leur prix est déconnecté de leur utilité réelle) sont souvent ceux sur lesquels la volatilité implicite est structurellement plus élevée. Ce que cela confirme : la VI élevée sur ces actifs confirme leur nature spéculative et leur sujétion à des fluctuations extrêmes, renforçant l'idée qu'ils fonctionnent selon une logique qui a exclu une forme de valeur plus stable ou concrète.
La "stratégie" analytique de valeur-dissociation peut observer ces niveaux élevés de VI comme une preuve empirique de la dissociation en cours.
- La VI comme Signal d'Incertitude et de Fragilité du Système : Ce qu'elle indique : une VI généralisée et élevée sur de nombreux marchés peut signaler une incertitude fondamentale quant à la stabilité du système économique et financier. Elle peut refléter une fragilité structurelle, où la valorisation des actifs est sujette à des chocs rapides.
- Analyse dans le cadre de la valeur-dissociation : Cette incertitude peut être vue comme une conséquence des processus de dissociation. Lorsque le système valorise des actifs très abstraits et ignore les coûts sociaux ou écologiques, il crée des bulles spéculatives et des fragilités qui se manifestent par une volatilité accrue, y compris implicite.
- La VI devient alors un indicateur de la manière dont les exclusions structurelles rendent le système vulnérable. En résumé : La volatilité implicite n'est pas un facteur qui permet de prendre des "décisions d'investissement" dans une approche de valeur-dissociation. Au contraire, elle est un outil analytique qui : Quantifie l'anticipation du marché concernant les fluctuations futures. Confirme la prédominance de la valeur abstraite et spéculative sur des actifs qui ont déjà dissocié des formes de valeur plus concrètes. Révèle les zones d'incertitude et de fragilité potentiellement engendrées par les mécanismes d'exclusion structurelle.
- Pour un analyste utilisant le cadre de la valeur-dissociation, une VI élevée sur un actif donné est une information qui vient confirmer l'analyse : cet actif est probablement très spéculatif, sa valeur est abstraite, et il opère en grande partie indépendamment des réalités sociales et écologiques qui sont justement ce que la valeur-dissociation cherche à rendre visible en tant qu'exclus.