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Valeur - Dissociation = Exclusion structutante

Daniel Adam-Salamon


La valeur-dissociation : genèse et portée critique

   Le concept de « valeur-dissociation » s'inscrit dans le prolongement direct de la critique radicale de l'économie politique, tout en lui apportant une reformulation philosophique originale. Il ne s'agit pas d'un instrument descriptif au sens économique classique, mais d'un outil de dévoilement : il donne à penser ce que la théorie économique dominante ne peut, par construction, pas appréhender.

La valeur comme principe social

   Le point de départ est marxien, mais rigoureusement redéfini. La valeur n'est pas une simple unité de mesure ou un agrégat de biens échangeables. Elle est un principe social abstrait — fondé sur le travail abstrait, la forme-marchandise et l'équivalence généralisée — qui impose sa logique à l'ensemble du réel. Dans l'ordre capitaliste, seul est reconnu comme « réel », « rationnel » ou « productif » ce qui se laisse intégrer dans le processus de valorisation. La valeur n'est donc pas un reflet passif de l'économie : elle en est la force organisatrice.

Le mécanisme de la dissociation

   Là réside l'apport propre du concept : la valeur ne fonctionne pas malgré l'exclusion, mais grâce à elle. Pour exister et se reproduire, la valeur doit nécessairement exclure, invisibiliser et dévaloriser tout ce qui échappe à sa logique d'abstraction. Cette dissociation n'est ni accidentelle, ni moralement imputable à des acteurs particuliers — elle est structurelle et constitutive de la valeur elle-même. Sont ainsi dissociés de la valeur, tout en lui étant indispensables : le travail non reconnu, la nature traitée comme pure externalité, les activités reproductives, les formes de vie et de soin qui ne produisent pas de valeur échangeable.

Ce qui distingue cette approche

   La « valeur-dissociation » se démarque des autres critiques de l'économie politique sur plusieurs plans décisifs :

  • Critique ontologique, non seulement sociale : là où la plupart des critiques ciblent les effets du capitalisme (inégalités, exploitation, crises climatiques), ce concept remonte à la nature même de la valeur comme principe organisateur du réel — interrogeant ce qu'elle est, et non seulement ce qu'elle produit.
  • L'exclusion comme condition, non comme dysfonction : d'autres approches pointent des exclusions regrettables ou réformables ; ici, l'exclusion est posée comme la condition nécessaire à l'existence du système de la valeur. C'est ce qui lui confère une radicalité spécifique.
  • Un outil de dévoilement philosophique : le concept ne décrit pas, il rend visible et pensable ce que la théorie économique dominante, enfermée dans ses propres présupposés (rationalité de l'échange, mesurabilité), naturalise ou occulte. Il opère comme une critique des présupposés plutôt que des conséquences.
  • Au-delà de la seule critique du capitalisme : bien qu'enracinée dans la tradition marxiste, la notion a vocation à penser toute forme de domination par un principe abstrait et totalisant — invitant à interroger comment les sociétés construisent la légitimité et la reconnaissance par l'exclusion structurelle de ce qu'elles ne peuvent pas mesurer.
  • Valeur comme principe, non comme mesure : la critique ne porte pas sur une mesure inexacte ou biaisée de la valeur, mais sur la logique même qui exige cette mesure et disqualifie d'emblée tout ce qui y échappe.

Les outils conceptuels mobilisés

L'approche articule plusieurs instruments analytiques :

  • Travail abstrait : réduction qualitative qui rend les travaux concrets comparables et interchangeables, fondement de l'équivalence généralisée.
  • Équivalence généralisée : principe d'abstraction qui gomme les différences qualitatives et conditionne la dissociation de tout ce qui ne se laisse pas mesurer.
  • Le valorisé / le dissocié : dichotomie analytique permettant de cartographier, dans chaque domaine social, ce qui est reconnu comme légitime et ce qui est relégué hors du champ de la réalité.
  • Invisibilisation et dévalorisation : modalités concrètes par lesquelles la dissociation opère — l'une rendant certaines réalités indétectables par les instruments de mesure, l'autre leur ôtant toute reconnaissance sociale.
  • Le non-humain comme dissocié : la nature et le vivant non-humain sont structurellement traités comme externalités, ce qui ancre la critique dans une dimension à la fois écologique et ontologique.

La « valeur-dissociation » constitue ainsi une grille de lecture philosophique et critique qui permet de rendre pensables les dimensions de la réalité que le système de la valeur tend systématiquement à occulter — ouvrant, ce faisant, des perspectives pour une transformation sociale qui ne se limite pas à corriger le système, mais à en déconstruire les fondements.

18 décembre 2024

Daniel Adam-Salamon

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La valeur-dissociation occulte-telle 
la lutte des classes ?

     La question mérite d’être posée, car toute théorie qui déplace l’attention vers les formes abstraites de la socialisation capitaliste peut donner l’impression de reléguer au second plan les conflits sociaux concrets. Pourtant, il n’en est rien. La théorie de la valeur-dissociation n’efface pas la lutte des classes ; elle cherche plutôt à en dégager la condition de possibilité dans la structure même de la société moderne.

   La critique de la valeur, telle qu’elle prend appui sur Marx, montre que le capitalisme ne repose pas seulement sur l’échange, la propriété ou l’inégalité des revenus, mais sur une forme sociale spécifique : la valeur, entendue comme abstraction réelle fondée sur le travail abstrait. Ce point est décisif. Il signifie que l’ordre capitaliste ne se contente pas d’organiser la production des biens ; il institue aussi une mesure dominante du réel, à partir de laquelle certaines activités, certains rapports et certaines formes de vie sont reconnues, tandis que d’autres sont dévaluées, marginalisées ou rendues invisibles.

   Sous ce rapport, la théorie de la valeur-dissociation ne rompt pas seulement avec l’économie politique classique ; elle prolonge aussi une interrogation plus ancienne sur les conditions réelles de la vie commune. On peut dire, en ce sens, que Proudhon avait déjà pressenti qu’une société fondée sur la valeur ne pouvait se maintenir sans exclusions constitutives ; que Bakounine avait radicalisé cette intuition en la rapportant aux formes combinées de l’autorité, de l’État et de l’exploitation ; et que Kropotkine lui avait donné une dimension plus ample en montrant que l’entraide, la coopération et les puissances concrètes de la vie sociale excèdent toujours ce que l’ordre marchand parvient à reconnaître.

Marx lui-même a fourni les instruments décisifs pour penser la dynamique de la valeur et la centralité du travail abstrait. Toutefois, ni Marx, ni Proudhon, ni Bakounine, ni Kropotkine n’ont mené jusqu’à son terme l’analyse de ce que suppose cette logique de valorisation. Tous ont vu qu’elle reposait sur une abstraction mutilante. Aucun n’a pleinement dégagé le fait qu’elle ne peut se constituer qu’en dissociant ce qui la rend pourtant possible. C’est ici que l’élaboration de Roswitha Scholz marque un tournant théorique majeur : la valeur n’est pas seulement une forme d’exploitation ; elle est aussi une forme d’exclusion structurale.

   Ce qui est dissocié de la valeur n’est pas extérieur à la société, ni secondaire. Il s’agit au contraire de dimensions essentielles à la reproduction de la vie : le soin, l’entretien du quotidien, la dépendance, les affects, la vulnérabilité, les activités domestiques, les médiations relationnelles, mais aussi le rapport à la nature et aux conditions matérielles de l’existence. Or ces dimensions ont été historiquement renvoyées à une sphère féminisée, dépréciée comme non productive, alors même qu’elles rendent possible l’ensemble de la production sociale. La dissociation n’est donc pas un accident du capitalisme ; elle est une condition de son fonctionnement.

   En ce point, l’éclairage spinoziste peut être utile. Spinoza nous apprend à ne pas partir des représentations que les hommes se donnent d’eux-mêmes, mais des causes effectives qui déterminent leurs manières d’agir, de penser et de désirer. Appliquée à la critique sociale, cette exigence conduit à ne pas s’arrêter aux apparences juridiques ou morales de l’égalité formelle. Elle invite à rechercher ce qui, dans la structure des rapports sociaux, produit à la fois les hiérarchies réelles et les illusions qui les recouvrent. De même que, chez Spinoza, l’imagination peut faire prendre les effets pour des causes, de même la société capitaliste tend à faire apparaître comme naturelles, secondaires ou privées des activités qui sont en réalité les conditions mêmes de son existence.

   La théorie de la valeur-dissociation permet alors de reformuler la lutte des classes à un niveau plus fondamental. Celle-ci ne se réduit pas à l’opposition entre détenteurs du capital et vendeurs de force de travail, même si cette opposition demeure centrale. Elle doit aussi être comprise comme le conflit produit par une forme sociale qui ne reconnaît comme valable que ce qui entre dans le procès de valorisation, et qui rejette hors du champ de la reconnaissance une part décisive de l’activité humaine. La domination de classe ne porte donc pas seulement sur l’appropriation de la richesse ; elle s’exerce aussi à travers la définition même de ce qui compte comme richesse, comme travail et comme réalité sociale.

   C’est pourquoi cette approche n’occulte nullement le sexisme ni le paternalisme. Elle montre au contraire qu’ils ne peuvent être pensés comme de simples survivances archaïques ou comme des préjugés extérieurs à l’économie. Ils appartiennent à la structuration même de la modernité capitaliste. La dissociation de la valeur a historiquement assigné au féminin tout ce qui relève de la reproduction, du soin, de la continuité de la vie et de la dépendance concrète des êtres. Le sexisme traduit cette dévalorisation ; le paternalisme en organise souvent la gestion sociale et symbolique.

   On comprend dès lors que les luttes de classes, les luttes féministes et les luttes contre le paternalisme ne relèvent pas de registres séparés. Elles procèdent d’une même configuration sociale, même si elles n’en expriment pas immédiatement les mêmes aspects. La théorie de la valeur-dissociation ne remplace donc pas la critique de l’exploitation ; elle la complète en montrant que l’exploitation n’est intelligible qu’à partir d’un ordre plus vaste de hiérarchisation, d’exclusion et de déni.

   Si l’on voulait résumer le point en une formule, on pourrait dire ceci : Proudhon, Bakounine et Kropotkine ont pressenti, chacun à leur manière, que l’ordre de la valeur reposait sur une amputation du social ; Marx en a donné la critique la plus puissante sur le terrain de l’économie politique ; mais c’est avec Roswitha Scholz que cette amputation apparaît pleinement comme dissociation constitutive, c’est-à-dire comme exclusion structurale de ce dont la valeur dépend pour se reproduire.

   Ainsi, la théorie de la valeur-dissociation n’occulte pas la lutte des classes. Elle en reconduit l’analyse vers son fondement formel et historique. Elle permet aussi de comprendre pourquoi la critique de la domination moderne ne peut plus dissocier la question de l’exploitation de celle du sexisme, du paternalisme et de la destruction des conditions concrètes de la vie.

6 janvier 2025

Daniel Adam-Salamon

Exemples concrets de valeur-dissociation dans l'économie moderne

   Voici des exemples concrets qui illustrent le mécanisme de valeur-dissociation à l'œuvre dans l'économie contemporaine.


Le travail domestique et de care (difficile à traduire en français car il désigne à la fois ce qui relève de la sollicitude et du soin)

    C'est l'exemple paradigmatique de la dissociation. Le travail domestique non rémunéré — ménage, éducation des enfants, soin aux personnes dépendantes — est indispensable à la reproduction de la force de travail, mais reste invisible dans les comptabilités nationales. Sa valeur monétaire est pourtant estimée à 10 800 milliards de dollars par an à l'échelle mondiale. Ce travail est majoritairement accompli par des femmes, ce qui révèle que la dissociation est aussi une dissociation de genre : le « travailleur » valorisé ne pourrait créer de la valeur qu'en s'appuyant sur ce travail dissocié, qui porte pourtant l'empreinte du travail abstrait sans en recevoir la reconnaissance. 

La nature comme ressource gratuite

        Le capitalisme traite la nature comme un « don gratuit » — une réserve de ressources et un déversoir de déchets placés hors de la logique de valorisation. La pollution, les déchets, l'épuisement des sols ou le dérèglement climatique apparaissent comme de simples externalités négatives dans les modèles économiques dominants. Autrement dit, ce que le système détruit pour fonctionner ne compte pas — précisément parce que la nature est dissociée de la valeur, même si elle en est la condition de possibilité matérielle

Le travail émotionnel et relationnel

         Tout ce qui relève de la sensibilité, de l'émotion, du soin psychologique, de l'écoute ou de l'attachement est structurellement dissocié de la logique du travail abstrait. Ces dimensions de l'existence humaine ne s'intègrent pas dans la mesure de la valeur et sont donc soit marginalisées (le care comme vocation « naturelle » non rémunérée), soit marchandisées de façon précaire (aide à domicile, accompagnement social). Dans les deux cas, elles ne sont jamais pleinement reconnues par le système.

La sous-traitance et l'invisibilisation de l'exploitation

          Une part significative de la sous-traitance de services relève de stratégies délibérées d'invisibilisation : en externalisant des pans entiers du travail, les entreprises soustraient ces salariés aux accords collectifs, compliquent leur syndicalisation et effacent leur contribution du bilan visible de valeur créée. Le travail réel est ainsi dissocié du récit économique officiel, qui ne fait apparaître que les flux valorisés. 


Le travail bénévole et associatif

             Le secteur associatif, le bénévolat, l'engagement citoyen ou communautaire produisent des effets sociaux considérables — cohésion, santé publique, transmission culturelle — qui ne génèrent aucune valeur au sens capitaliste du terme. Ils sont tolérés, voire instrumentalisés, mais jamais comptabilisés comme forces productives à part entière. Leur dissociation est ici doublement structurelle : économiquement invisible et politiquement subalterne. 

***

     Ces exemples convergent vers la même logique : dans chaque cas, ce qui est dissocié est à la fois nécessaire au fonctionnement du système et exclu de sa comptabilité. C'est précisément cette tension — entre indispensabilité réelle et invisibilité économique — que le concept de valeur-dissociation permet de nommer et d'analyser.

version reformulée et restructurée


La valeur-dissociation : genèse et portée critique

    Le concept de « valeur-dissociation » s'inscrit dans le prolongement direct de la critique radicale de l'économie politique, tout en lui apportant une reformulation philosophique originale. Il ne s'agit pas d'un instrument descriptif au sens économique classique, mais d'un outil de dévoilement : il donne à penser ce que la théorie économique dominante ne peut, par construction, pas appréhender.

La valeur comme principe social

   Le point de départ est marxien, mais rigoureusement redéfini. La valeur n'est pas une simple unité de mesure ou un agrégat de biens échangeables. Elle est un principe social abstrait — fondé sur le travail abstrait, la forme-marchandise et l'équivalence généralisée — qui impose sa logique à l'ensemble du réel. Dans l'ordre capitaliste, seul est reconnu comme « réel », « rationnel » ou « productif » ce qui se laisse intégrer dans le processus de valorisation. La valeur n'est donc pas un reflet passif de l'économie : elle en est la force organisatrice.

Le mécanisme de la dissociation

   Là réside l'apport propre du concept : la valeur ne fonctionne pas malgré l'exclusion, mais grâce à elle. Pour exister et se reproduire, la valeur doit nécessairement exclure, invisibiliser et dévaloriser tout ce qui échappe à sa logique d'abstraction. Cette dissociation n'est ni accidentelle, ni moralement imputable à des acteurs particuliers — elle est structurelle et constitutive de la valeur elle-même. Sont ainsi dissociés de la valeur, tout en lui étant indispensables : le travail non reconnu, la nature traitée comme pure externalité, les activités reproductives, les formes de vie et de soin qui ne produisent pas de valeur échangeable.

Ce qui distingue cette approche

   La « valeur-dissociation » se démarque des autres critiques de l'économie politique sur plusieurs plans décisifs :

- Critique ontologique, non seulement sociale : là où la plupart des critiques ciblent les effets du capitalisme (inégalités, exploitation, crises climatiques), ce concept remonte à la *nature même* de la valeur comme principe organisateur du réel — interrogeant ce qu'elle est, et non seulement ce qu'elle produit.

- L'exclusion comme condition, non comme dysfonction : d'autres approches pointent des exclusions regrettables ou réformables ; ici, l'exclusion est posée comme la condition nécessaire à l'existence du système de la valeur. C'est ce qui lui confère une radicalité spécifique.

- Un outil de dévoilement philosophique : le concept ne décrit pas, il rend visible et pensable ce que la théorie économique dominante, enfermée dans ses propres présupposés (rationalité de l'échange, mesurabilité), naturalise ou occulte. Il opère comme une critique des présupposés plutôt que des conséquences.

- Au-delà de la seule critique du capitalisme : bien qu'enracinée dans la tradition marxiste, la notion a vocation à penser toute forme de domination par un principe abstrait et totalisant — invitant à interroger comment les sociétés construisent la légitimité et la reconnaissance par l'exclusion structurelle de ce qu'elles ne peuvent pas mesurer.

- Valeur comme principe, non comme mesure : la critique ne porte pas sur une mesure inexacte ou biaisée de la valeur, mais sur la logique même qui exige cette mesure et disqualifie d'emblée tout ce qui y échappe.


 Les outils conceptuels mobilisés

L'approche articule plusieurs instruments analytiques :

- Travail abstrait : réduction qualitative qui rend les travaux concrets comparables et interchangeables, fondement de l'équivalence généralisée.

- Équivalence généralisée : principe d'abstraction qui gomme les différences qualitatives et conditionne la dissociation de tout ce qui ne se laisse pas mesurer.

- Le valorisé / le dissocié : dichotomie analytique permettant de cartographier, dans chaque domaine social, ce qui est reconnu comme légitime et ce qui est relégué hors du champ de la réalité.

- Invisibilisation et dévalorisation : modalités concrètes par lesquelles la dissociation opère — l'une rendant certaines réalités indétectables par les instruments de mesure, l'autre leur ôtant toute reconnaissance sociale.

- Le non-humain comme dissocié : la nature et le vivant non-humain sont structurellement traités comme externalités, ce qui ancre la critique dans une dimension à la fois écologique et ontologique.


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    La « valeur-dissociation » constitue ainsi une grille de lecture philosophique et critique qui permet de rendre pensables les dimensions de la réalité que le système de la valeur tend systématiquement à occulter — ouvrant, ce faisant, des perspectives pour une transformation sociale qui ne se limite pas à corriger le système, mais à en déconstruire les fondements.

12 janvier 2025

Daniel Adam-Salamon